A propos

A installé son atelier de décoration sur céramique sur la butte féodale de Saint Victor L’Abbaye. Non loin de la Scie, l’artiste se consacre à sa grande passion en peignant à l amain, tant des objets de porcelaine que des fresques murales personnalisées et sur mesure.

Originaire de la Manche, Dominique Queneute a, dès sa plus tendre enfance, voulu faire de la décoration. « Je me souviens qu’à l’age de 5 ans, je ne pouvais déjà me séparer de crayons et de feuilles de papier, se remémore-t-elle. Mes reves étaient constitués de dessins « . Guidée par sa passion, à l’issue du collège, elle s’inscrit dans une école privée artistique de St Lo.

 » J’ai beaucoup appris durant deux années, précise-t-elle. De plus, comme le midi je mangeais un casse-croute sur place, je n’interrompais pas mon travail en cours. Avec le recul, je reconnais que l’on peut faire sa uniquement quand on aime ce que l’on fait « . C’est l’Ecole Supérieure des Arts Modernes de Paris qui a permis au peintre de poursuivre sa formation.

D’un simple remplacement à une véritable profession.

Son bagage en poche, Dominique Queneute s’est bien évidement présentée sur le marché du travail.  » Alors que je prospectais en vue de trouver une place, si possible pour faire de la décoration intérieure, une amie m’a proposé d’effectuer un remplacement dans une faiencerie à Saint Pair sur Mer, non loin de Granville, raconte-t-elle. J’y suis en fait restée dix-sept ans « .

 » Au départ, je me rendais quotidiennement sur place, ajoute-t-elle. Après la mutation de mon mari à Rouen, nous nous sommes installés à Saint Victor L’Abbaye.

De là, j’ai poursuivi ma tache à domicile et pendant plusieurs années j’ai travaillé sur le thème de la tapisserie de Bayeux en représentant des extraits de scèbes sur des assiettes, plats et tasses. En 1989, mon travail a essentiellement consisté à reproduire des scènes de la Révolution Française et, deux ans plus tard, après que l’on m’ait offert un four à céramique, j’ai commencé à réaliser mes propres créations « .

Si pendant deux années encore elle a poursuivi sa collaboration avec la faiencerie, l’artiste s’est libérée en créant des modèles et des frises sur la vaisselle mais aussi sur des pavés pour des fresques murales, sur faience ou terre cuite émaillée, s’harmonisant avec le moderne ou l’ancien. « Ce travail est en rapport direct avec l’intérieur, commente-t-elle. En effet, en fonction d’un mobilier de cuisine ou de salle de bain, par exemple, je suis à meme de proposer des motifs floraux, des reproductions de tableaux ou toute autre composition pour embellir un bout de mur parfois triste et nu « .

Un peu de technique

Après avoir exécuté des croquis en couleurs sur des feuilles de papier, Dominique Queneute reproduit ses dessins sur la faience, la porcelaine, la terre cuite ou le grès émaillé.  » Je pose alors les couleurs au pinceau pour les détails comme des tiges de feuille ou je les putoise, c’est-à-dire que je les tamponne à l’aide d’une éponge, pour les petites surfaces à colorer comme les feuilles elles-memes, explique l’artiste. En ce qui concerne les couelurs, je les réalisent à partir d’une poudre d’oxyde que je mélange avec de l’eau sucrée. Par exemple, la couleur rouge, qui est délicate à obtenir, se fait à partir d’oxyde de plomb, le blanc est à base d’oxyde de zinc et le bleu nécessite de l’oxyde de cobalt. Cette dernière couleur étant facilement réalisable, explique la dominante chromatique des motifs des porcelaines anciennes comme celles du style  » Vieux rouen  » par exemple.

A ce moment du travail les objets peints offrent des couleurs ternes. Les couleurs, vitrifiables à la cuisson, atteignent leurs teintes définitives à 800°c après un séjour de huit heures dans le four à céramique. Afin déviter tout choc thermique qui casserait les pièces peintes, l’ouverture du four ne peut laors se faire qu’après complet refroidissement de l’ensemble, soit après douze à seize heures d’attente.

Les objets décorés sont, à ce moment-là, sortis du four et apparaissent parés de couleurs scintillantes; laissant apparaitre chaque touche de pinceau.  » Pour obtenir certaines couleurs, plusieurs passage de peinture et donc de cuisson sont nécessaires « , précise-t-elle. Alliant dessin et technique particulière, Dominique Queneute, dans son ateliern baptisé « Domiceram » , produit des pièces classiques ainsi que des curiosités comme ce plat à tarte dont les parts sont déssinées de façon à découper équitablement le dessert quelque soit le nombre de convives. En chinant dans l’atelier, il est possible de dénicher des objets courants personnalisés, mais aussi, dans un coin, le travail personnel de la maitresse des lieux.

 » Actuellement, dès que j’ai un peu de temps à moi, je me consacre à la reproduction d’une oeuvre de Van Gogh, avoue-t-elle, ne cachant pas son gout pour la peinture du XIXème siècle. Ce travail est réalisé sur un pavé géant de 60 x 60 cm et est déstiné à décorer ma maison « . Il est des fois où le cordonnier n’est pas le plus mal chaussé….

Que ce soit le carrelage d’une vitrine de poissonnier, un bouquet habillant un  » espace vide  » d’une cuisine aménagée ou une fresque décorant une salle de bain, c’est avec une même passion que Dominique Queneute crée ses œuvres sur de la faïence ou des surfaces émaillées, tout comme le ferait un peintre  » traditionnel  » sur une toile. Seulement, au lieu de savoir son travail encadré et accroché sur un mur, elle sait qu’il est sur le mur même ou que le thé est quotidiennement dans ses services, notamment sur le sol de la perfide Albion.